Le développement de Cézanne

Éditeur BOUT DU MILLE
Paru le
Papier ISBN: 9782981486837
Numérique - Epub Protection: filigrane ISBN: 9782981486844
Numérique - PDF Protection: filigrane ISBN: 9782981486875
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L’apport de Roger Fry à la critique d’art est plus que considérable. Celui à l’on doit l’invention du terme postimpressionniste, fut cet infatigable passeur d’art moderne français outre-Manche, l’ami de Virginia Woolf, le fidèle du groupe de Bloomsbury. Roger Fry fut tout cela, mais également peintre lui-même, commissaire d’exposition, professeur d’histoire de l’art, fondateur d’un atelier d’arts décoratifs… et même traducteur de la poésie de Mallarmé. Cet éminent critique d’art et théoricien anglais gagne à être connu dans la sphère francophone. « Le développement de Cézanne » est aujourd’hui réédité dans sa langue originale. L’article de Roger Fry fut d’abord publié en français en 1926 dans la revue française L’amour de l’art avant de l’être en anglais en 1927 dans une version étendue. Ce texte majeur du critique, voire son chef-d’œuvre, continue d’être cité dans les plus récentes contributions consacrées au peintre provençal.  Virginia Woolf dans sa biographie La vie de Roger Fry explique que dans ce texte « la théorie se consumme, et le critique devient un créateur » :    Un chef-d’œuvre, selon Sir Kenneth Clark, et cela semble être le seul terme qui convienne pour qualifier cet essai profond, riche, et entièrement satisfaisant. [...] Jamais ne fut suivie de plus près ni plus subtilement décrite l’évolution d’un personnage ou d’un tableau depuis la toile vierge jusqu’à l’infinie complexité de l’œuvre achevée. Chaque élément est distinct et montré dans la part qu’il a prise à la composition finale. Mais quoique l’analyse soit minutieuse, ce n’est pas une dissection. C’est plutôt une façon de dégager du désordre et du chaos les éléments nécessaires à l’ensemble. Quand enfin la pomme, la table de la cuisine et le couteau à pain se sont accordés, c’est comme une victoire de l’esprit humain sur la matière. La jatte de lait et le bol chinois sont métamorphosés. Ces objets ordinaires sont investis de la majesté des montagnes et de l’harmonie de la musique.   Dans « Le développement de Cézanne », Roger Fry explore le lent passage qui s’opère chez Cézanne au contact de Pissarro au cours des années 1873‑1874. Le goût de la patiente observation de la nature à Auvers-sur-Oise. Le maître et l’apprenti. L’imitation mutuelle. De la petite dramaturgie intérieure du jeune peintre à l’infinie observation de la montagne Sainte-Victoire, Roger Fry résume ainsi l’évolution de Cézanne : « [Pissarro] le détournait de la vision intérieure et lui montrait le pays inconnu de la vision extérieure, pays qui invitait son esprit aventureux à s’y lancer à la découverte de nouvelles expériences. » Toute la « jeunesse » de Cézanne, explique Fry, « est dominée par le désir de réaliser ses visions. Il se croyait naturellement visionnaire ». À partir de son apprentissage auprès de Pissarro, il suit son penchant pour les « architectures sévères ». Il se détache de son monde intérieur au profit des formes extérieures et des lois chromatiques, avec comme horizon des fruits, de la verrerie, une montagne :   « Il voulait créer ses images de toutes pièces, sans rien accepter de la chose vue. Il n’a jamais tout à fait renoncé à cette ambition de trouver en lui-même le point de départ de son tableau, mais de plus en plus la chose vue remplaçait en lui l’inspiration, pour ainsi dire, poétique. » Dans cette nouvelle édition de l’article, le lecteur pourra consulter une galerie virtuelle dans laquelle toutes les œuvres abordées par Roger Fry sont réunies.

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